Plan d'action anti-radicalisme

Le Groupe MR prend connaissance – et prend acte – du plan d’action du Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles « Initiatives de prévention du radicalisme et du bien-vivre ensemble ». 

 « Au vu de l’actualité – aujourd’hui en Belgique et la semaine dernière à Paris -, le MR est plus que conscient de l’importance de mettre en place rapidement des mesures concrètes de lutte contre toutes formes de radicalisme. C’est d’ailleurs ce à quoi s’emploie le Gouvernement fédéral. Mais malgré l’émotion que l’on ressent tous face aux tragiques événements de ces derniers jours, je me dois aussi de regretter la façon dont le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a décidé de gérer cette période de crise. Face aux 12 mesures concrètes du fédéral, nos Ministres communautaires alignent un plan qui n’est autre – pour la toute grande majorité – qu’un catalogue de vieilles mesures jamais appliquées, de mesures réclamées par le MR et toujours recalées et de nouvelles mesures nébuleuses et pas expliquées. Alors que PS et cdH entament ensemble leur troisième législature, cela relève quelque peu de l’hypocrisie ! » déplore Françoise BERTIEAUX, Chef de Groupe MR au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. 

 Critique certes, le MR se veut également constructif face à l’urgence de la situation et souligne l’importance de 3 bonnes mesures dans ce plan. La création du RAR (Réseau anti-radicalisme) est une interconnexion indispensable. Il faut décloisonner les services et favoriser tout échange d’informations entre eux. Tout comme la mise en place d’une formation qui permet d’identifier les indices de radicalisation dangereuse chez les jeunes et la lutte contre le prosélytisme en IPPJ. 

 Les autres mesures phares du plan d’action du Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ne sont, pour beaucoup, que d’anciennes propositions qui, malheureusement, n’ont jamais vu le jour : 

  • La création d’un Institut de formation des cadres musulmans est une demande souvent répétée et dont l’annonce de la mise en œuvre date en réalité d’avant les événements de Paris. 
  • Réguler le contenu présent sur les sites Internet, réseaux et forums des éditeurs de presse et médias : comment et qui va réguler, sachant que le CSA – organe indépendant – a été de plus en plus mis sur la touche par le Gouvernement ? C’est une tâche délicate qui demande une formation spécifique. 
  • Un fonctionnaire référent dans le services de soutien pour les écoles : d’où proviendra et comment sera formé ce fonctionnaire ? 
  • Offrir des outils pédagogiques et des services pour les acteurs éducatifs : fournis par qui ? 

« Ce genre de mesures demandent la collaboration de personnes spécifiquement formées et nous n’osons imaginer confier telle responsabilité aux psychopédagogues de la Fédération », s’inquiète le Groupe MR.

  • Des cours de citoyenneté à l’école : c’est un projet du MR datant de 2004 que le PS-cdH a laissé pourrir deux législatures durant, avant d’accepter de l’inscrire dans leur dernière DPC (Déclaration Politique Communautaire), mais pour lequel rien n’a été fait ces 6 derniers mois. 
  • Renforcer les formations en milieu carcéral : le MR interpelle régulièrement sur le sujet, insistant sur l’importance de donner aux détenus des modules de citoyenneté, mais aussi la possibilité d’obtenir leur CEB et de créer un projet post-carcéral. Le MR n’a jamais obtenu de réponses de la part du Gouvernement. 
  • Prise en charge des « returnees » : cela relève uniquement de la sécurité publique et de la politique fédérale. Que la Fédération mette à disposition les moyens certes, mais dans un cadre précis et défini par le Fédéral. 

« Il ne s’agit pas ici de faire de l’opposition pour de l’opposition ou de se montrer polémique, mais au vu de la gravité des événements, nous n’acceptons pas non plus que l’on nous fasse prendre des vessies pour des lanternes ! Au pouvoir depuis tellement d’années et aiguillonné par le MR – raillé et méprisé à l’époque ! - dans ce sens toutes ces années, le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles se réveille bien tardivement, semblant découvrir certaines réalités. Et malheureusement, dans ce plan, pas un mot sur l’importance de proposer un enseignement de qualité pour tous et de la manière d’en finir avec la dualisation de notre enseignement ! », souligne Françoise BERTIEAUX.