Ecole Normale

Réagissant à la note d'orientation déposée en décembre dernier par Jean-Claude Marcourt, Ministre de l'Enseignement supérieur, en vue de réformer la formations des instituteurs et des régents, le Mouvement Réformateur propose une "piste censée, conciliant les points de vue des uns et des autres afin de mettre fin à un débat stérile." 

Rappelons que le Ministre PS propose de rallonger la formation initiale des instituteurs (maternels et primaires) et des régents (secondaire inférieur) qui, aujourd'hui formés en 3 ans, suivraient à l'avenir 5 ans de cours. Dans une interview publiée ce jeudi dans le "Soir" 

Françoise Bertieaux, Cheffe du groupe MR au Parlement de la Communauté française propose une une opération en deux axes: "Tout le monde souhaite le passage à cinq ans. Mais il est impraticable à court terme. Alors, au lieu d'attendre, on peut agir." Françoise Bertieaux propose d'abord de repenser la formation en 3 ans: "Gardons ce cadre de 3 ans, mais réaménageons-le. Nous avons un rapport des Facultés Saint-Louis qui signale toutes les lacunes de la formule à 3 ans. Alors allégeons la grille-horaire, trop chargée. Renforçons certains cours, comme la langue maternelle que des étudiants ne maîtrisent pas assez. Le réaménagement de la formation en 3 ans pourrait se faire assez vite – d'ici un an ou deux. Il y a urgence. Nous pouvons ne pas attendre." 

La Cheffe de groupe MR ajoute qu'au bout des trois ans de formation, le jeune, désormais bachelier, effectuerait une année complète de stage: "Des stages, il en aurait évidemment déjà eu quelques-uns pendant son BAC de 3 ans. Mais là, il se frotte à la vraie réalité du métier. L'étudiant a une classe. Il en est titulaire. Il y travaille pendant un an. Il est payé – comme un temporaire, par exemple. Et il est suivi par un maître de stage, par un prof de l'école normale qui l'accompagne, le soutient, le corrige. Au bout de l'année, l'étudiant est évalué. S'il est en échec, il recommence cette 4e année. Vraie année d'étude, à réussir." 

Et Françoise Bertieaux de poursuivre: "S'il réussit, le jeune n'est plus étudiant mais enseignant à part entière. Il peut en rester là et se contenter de ses quatre ans de formation. Autre option: effectuer une 5e année. Tout en gardant un pied à l'école, le jeune pourrait continuer à se former et suivre une série de spécialisations – détection des troubles de l'apprentissage, gestion des enfants à haut potentiel, gestion des publics qui ne maîtrisent pas le français, etc…..Au bout de cette 5e année, si elle est réussie, l'enseignant, ‘mastérisé,' serait payé au barème 501, accordé aux profs qui ont effectué cinq ans d'étude." 

Pour Françoise Bertieaux"ce dispositif n'a que des avantages. Il est peu coûteux. L'allongement des études ne coûte rien à l'étudiant – il gagne sa vie dès la 4e année –, ce qui répond à l'une des objections émises par le CDH. Autre vertu : le passage de la formation à 5 ans n'accentue pas la pénurie puisque l'école normale continue, sans interruption, à diplômer des enseignants." 

Revenant à la rénovation de la formation à 3 ans, la Députée MR trouve judicieux d'organiser un test d'aptitude en français au seuil des études, comme l'avait suggéré le Secrétariat de l'enseignement catholique: 

"Sauf qu'il n'est pas question d'exclure l'étudiant que ce test mettrait en difficulté. Il s'agirait seulement de l'aider à identifier les domaines dans lesquels il accuse des lacunes." 

"Le Soir" rappelle que la proposition divise. La formation en 5 ans est souhaitée par la quasi-totalité des acteurs – y compris politiques. Mais elle est, à court terme, impayable (elle coûterait dans les 600 millions). Le cdH a donc bloqué la note de Jean-Claude Marcourt en suggérant un moyen terme entre les 3 ans et les 5 ans (Le Soir de mardi). Pour les centristes, l'enseignant pourrait être formé en 3 ans, enseigner dès la fin de son baccalauréat et, pendant les deux années qui suivent, il peaufinerait sa formation tout en enseignant.