Régionaliser l'enseignement ?

Françoise BERTIEAUX, Chef de Groupe MR à la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), prend acte des propos tenus dans Le Soir de ce 24 janvier par le Ministre de l’Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt (PS) et se pose question : « M. Marcourt est-il encore digne d’occuper une fonction au sein d’une institution qu’il nie et dénigre ? Peut-être devrait-il en tirer les conclusions en toute conscience».

Dans cette interview, le Ministre Marcourt tient deux discours. D’une part, sur la régionalisation de l’enseignement et, donc, la négation même de la FWB ; d’autre part, sur sa réflexion sur un « projet pour la Wallonie ».

 Régionalisation de l’enseignement

« La logique de M. Marcourt n’a aucun sens. Selon lui, il est indispensable de régionaliser l’enseignement puisque les besoins des écoles wallonnes sont différents des écoles bruxelloises. Certes, tout comme les besoins des écoles molenbeekoises sont différents de ceux de Watermael-Boitsfort ! Alors quoi ? Si on suit le raisonnement de M. Marcourt, ensuite, on « communalise » l’enseignement, voire « quartiérise » ? C’est absurde ! », explique Françoise BERTIEAUX.

Pour le MR, s’il est nécessaire que l’enseignement colle plus aux réalités de terrain, c’est en donnant plus d’autonomie aux chefs d’établissements, en leur donnant la possibilité de gérer leurs moyens en fonction des besoins de leur public et non pas en morcelant le pouvoir décisionnel entre les baronnies socialistes.

Un projet pour la Wallonie

Certes, il faut réfléchir aux projets régionaux et la bonne idée de M. Marcourt est de mettre en place un groupe pluraliste, réunissant les politiques, les entreprises, les syndicats, les universités, etc., afin de redéfinir les contours d’une institution qui devra, à court terme, gérer des nouvelles compétences.
« Mais là où je ne suis plus du tout M. Marcourt, c’est lorsqu’il tire les conclusions avant même que ce groupe de réflexion n’ait commencé à réfléchir ! Puisque pour lui la régionalisation de l’enseignement apparaît déjà comme une évidence. Alors, ce groupe ne serait qu’une fumisterie ? Et je suis tout de même assez étonnée d’entendre le Ministre, élu au sein d’un parti aux manettes depuis 25 ans, parler de « projet pour la Wallonie » ; dès lors qu’a fait son parti toutes ces années ? », déplore Françoise BERTIEAUX.

Par ailleurs Françoise BERTIEAUX estime qu’une telle réflexion devrait également être menée pour Bruxelles, sachant que la Région devra relever de nouveaux défis suite aux accords intra-bruxellois et au transfert de compétences, comme les allocations familiales vers la Cocom.