La D+, évaluer pour améliorer

Les politiques d’éducation prioritaires – plus connues aujourd’hui sou le nom de « Discrimination positive » ou « D+ » - remontent en Fédération Wallonie-Bruxelles à la fin des années 80. En 1991, ces politiques mobilisaient quelque 1,8 million d’euros chaque année, soit 0,07% du budget dédié à l’enseignement obligatoire. A l’heure actuelle les moyens consacrés à ces politiques sont de 63 millions d’euros par an, soit 1,53% des budgets de l’enseignement, et concerne un élève sur quatre.

Petit rappel historique :

  • En 1995 : vote du décret relatif à la promotion d’une école de la réussite. Entre 1994 et 1997, les budgets passeront de 2,37 millions à 9,9 millions d’euros annuels, soit 0,34% du budget de l’enseignement obligatoire ;
  • 1998 : la notion de « discrimination positive » ou « D+ » apparaît officiellement et ce texte sera modifié 21 fois ! 16,6 millions d’euros y sont consacrés, soit près de dix fois le montant affecté dix ans plus tôt ;
  • 2006 : 23,3 millions d’euros, soit 0,62% des budgets;
  • 2009 : organisation de l’encadrement différencié ;
  • 2010 : introduction du mécanisme « Robin des Bois ».

Pourquoi évaluer ?

Car, à ce jour et au cours des 25 ans écoulés, ces politiques ont été mises bout à bout sans jamais avoir été évaluées ! Cela ne veut pas dire que ces évolutions furent mauvaises, mais fort est de constater qu’il est impossible d’en mesurer la réelle efficacité faute d’évaluation complète de ces différents mécanismes.

En effet, 25 ans plus tard, les problèmes de départ sont toujours d’actualité : concentration des difficultés dans certains quartiers et donc dans leurs établissements scolaires, augmentation du nombre d’enfants concernés par ces politiques, etc. Et toutes les études récentes (PISA, McKinsey, indicateurs de l’enseignement…) l’attestent : notre système scolaire est très inégal et les inégalités entre les résultats des élèves se renforcent.

Un constat qui m’a amené à me poser plusieurs questions :

  • Quel est le lien entre bénéficiaires de la D+ et les résultats scolaires ?
  • Comment mieux assurer à tous les élèves des chances égales d’émancipation sociale ?
  • La D+, telle que conçue actuellement, est-elle suffisante ?

Pour y répondre, j’ai déposé une proposition au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles plaidant pour la mise en place d’une véritable évaluation des politiques de D+, qui devra nécessairement être externe, indépendante et aborder les questions de l’effectivité des actions mises en place, de leur efficacité, efficience et pertinence. Plus que jamais dans le contexte budgétaire actuel, il est inutile de toujours dépenser plus sans savoir si les mesures décidées pour nos jeunes les aident réellement.