Enseignement supérieur

Jusqu’à présent, l’étudiant inscrit dans l’enseignement supérieur devait avoir 10/20 pour réussir son cours, mais 12/20 de moyenne pour réussir son année, ou pour obtenir une dispense dont la validité était limitée dans le temps. La majorité des étudiants s’y retrouvait fort bien et le système de cotation était clair pour tout le monde. 

Désormais, ce n’est plus le cas. Une des mesures du décret réformant l’enseignement supérieur du Ministre Marcourt, qui vient d’être voté le 6 novembre dernier au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, modifie complètement la donne. Le seuil de réussite pour un cours, pour une année académique ou pour une dispense, qui cette fois est définitive, est abaissé à 10/20. 

 Pour le MR, cette modification est un mauvais signal donné aux étudiants, qui n’étaient guère demandeurs de pareille mesure ! C’est clairement un nivellement par le bas, alors que notre enseignement supérieur a toujours eu une réputation d’excellence. 

 De plus, cette mesure apparemment sympathique peut s’avérer dangereuse pour les étudiants. En effet, les jurys de nos établissements n’abaisseront pas pour autant leur niveau d’exigence et certains enseignants risquent même de modifier radicalement leur manière de coter. La situation sera bien plus tranchée : l’étudiant aura soit réussi, soit raté. Les cotes dites intermédiaires - les ‘balances’ - auront dès lors tendance à disparaître. 

 Les étudiants ne s’y sont pas trompés. Les réseaux sociaux se sont emparés de la thématique, et une pétition lancée par une étudiante de l’ULg recueille actuellement des milliers de signatures. Ce 10/20, est-ce vraiment l'intérêt de l'étudiant ? Est-il intéressant d'obtenir un diplôme à moindre effort et avec un niveau plus bas, alors que le marché de l'emploi européen est particulièrement compétitif ? 

En séance plénière du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Groupe MR a déposé un amendement pour maintenir le statu quo et conserver un système qui a fait ses preuves depuis des années et que les étudiants connaissent. Notre amendement a été balayé d’un revers de la main par la majorité PS-cdH-Ecolo. 

Tout comme celui qui relayait la demande insistante du secteur, à savoir reporter d’un an l’entrée en vigueur de la partie du décret réformant l’organisation des études. Après la 1ère année de baccalauréat, la notion d’année d’études disparaît, au profit d’un système d’accumulation de crédits et de blocs de cours cohérents. Nos établissements nous affirment qu’ils ne pourront pas être prêts pour la rentrée 2014 comme le prévoit ce décret. Pourquoi ne pas leur faire confiance ? Il s’agit d’une réforme de grande ampleur, pourquoi risquer de la bâcler et se précipiter ? 

 Le décret adopté par le gouvernement PS-CDh-Ecolo affirme « placer les étudiants au centre de la réflexion », mais ce n’est pas en changeant les cotes qu’on fera mieux réussir nos jeunes. Un des points qui nous semble essentiel pour améliorer l’accessibilité de notre enseignement supérieur est d’agir sur la qualité de notre enseignement obligatoire. Mais ce débat-là n’a en aucun cas été entamé par le gouvernement au cours de ces cinq années de législature. 

Le nombre d’étudiants ayant accès au supérieur a augmenté, mais le taux d’échec en 1ère année est toujours aussi important, qu’il s’agisse d’enseignement supérieur de type court ou de type long. Là est pour nous le vrai problème ! Et ce n’est pas en abaissant facialement le niveau d’exigence que l’on résoudra ce problème fondamental.