Enseignement supérieur

"Une véritable mise sous tutelle de l'enseignement supérieur!" C'est ainsi que Françoise Bertieaux, Cheffe de groupe MR au Parlement de la Communauté française, qualifie le projet de réforme de l'enseignement supérieur concocté par Jean-Claude Marcourt, le Ministre PS qui a ce secteur dans ses attributions. 

Monsieur Marcourt a, en effet, prévu dans sa réforme d'ores et déjà fort décriée, la création d'une Académie de Recherche et d'Enseignement Supérieur. "Cet ARES est une véritable mise sous tutelle de l'enseignement supérieur. Toutes les grandes orientations stratégiques seront prises par le gouvernement. Jusqu'ici, les établissements ont un grand pouvoir d'autonomie. Au lieu d'être une coupole, pour l'organisation de la recherche et des écoles doctorales, voire pour l'orientation des études, cela devient, avec Marcourt, un organe de pilotage digne de certains pays asiatiques," a expliqué Françoise Bertieaux dans un entretien publié vendredi dans Le Soir. 

"L'ARES sera sous contrôle du gouvernement: avec un administrateur général désigné par lui et dont le nom circule déjà dans les couloirs et un président lui aussi nommé par le gouvernement," a ajouté la Cheffe de groupe MR, laissant entendre que cet administrateur ne serait autre que le propre chef de cabinet du Ministre PS. 

"Les pôles d'enseignement voulus par Jean-Claude Marcourt dans sa réforme «reposent sur un mensonge," affirme encore Françoise Bertieaux: "Marcourt dit qu'il veut une plus grande proximité et que c'est l'objectif des pôles. Or il s'agit d'une fusion forcée d'écoles et d'universités qui existent déjà. Il n'y a pas de proximité en plus. Ces pôles équivalent à un mariage forcé. Cela pose problème autour de Bruxelles et du Brabant wallon et pour les hautes écoles catholiques. C'est très socialiste. L'ARES met la main sur un secteur qui est encore autonome. Est-ce que ce n'est pas une étape vers la régionalisation?" 

Interrogée sur l'éventuel besoin de rationalisation, Françoise Bertieaux a répondu: "Peut-être, mais cela peut se faire et cela se faisait au sein des académies existantes. Surtout qu'il n'y a pas un mot sur le financement. Cela va se faire par pôle ? Sera-t-il incitatif sur base de regroupement des filières?" 

Quand à la réorganisation des études prévue par Jean-Claude Marcourt, la Cheffe de groupe MR n'en pense "pas du bien." "C'est un nivellement par le bas. La moyenne exigée n'est plus à douze, mais à dix sur vingt, comme pour les dispenses. C'est un très mauvais message. Si c'est ça favoriser la réussite! Donner des diplômes bradés… C'est de la démagogie de bas étage pour préparer 2014," a conclu Françoise Bertieaux.