Inscriptions

Au lendemain des examens pour l'obtention de leur CEB, les élèves sont désormais à la recherche d'une école où s'inscrire pour entamer le secondaire. Malheureusement, le décret Inscriptions laisse encore certains élèves dans l'ignorance. Où en est-on exactement alors que les vacances d'été ont commencé? C'est la question que Françoise Bertieaux posera à la Ministre de l'Education au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles le 10 juillet:

"Madame la Ministre, A l’heure de développer cette question, les résultats des CEB sont connus, de même que les évolutions dans les classements d’élèves sans école, la CIRI s’étant réunie le 6 juillet dernier.

Madame la Ministre, à ce stade : 

  • combien d’enfants, combien de familles n’ont pas l’école de leur 1er choix ?
  • Combien n’ont pas d’école du tout ? 
  • Quelles évolutions peut-on encore attendre d’ici à la rentrée des classes ? 
  • Combien d’enfants seront-ils contraints d’aller dans une école où ils n’ont pas envie d’aller, parce qu’il n’y ont pas de copains, parce qu’on n’organise pas les cours qu’ils voudraient avoir, parce que les trajets sont trop longs, etc. ? 
  • En se basant sur les années précédentes, combien de ces enfants seront-ils encore en 2ème année dans ces écoles qui, par la force des choses, leur ont été imposées ? 
  • A contrario, combien d’élèves ayant accédé à l’école choisie la quitteront quand même, et combien ne s’y présenteront pas en septembre ?

Lors de nos dernières discussions sur ce sujet, j’ai déjà évoqué les stratégies parentales ; celles que la majorité qualifie malhonnêtement de « tricheries ». En effet, le mécanisme mis en place produit les mêmes vices que le système de la carte scolaire, à savoir de privilégier les familles qui ont perçu les lacunes du système et qui ont les facultés de les exploiter. Peut-on leur en vouloir ? Bien sur que non ! C’est un réflexe humain et vous ne me ferez pas croire, Madame la Ministre, que vous même ne mettriez pas tout en œuvre pour voir vos enfants heureux. Mais avec votre décret, vous dualisez les familles là où hier, devant la grande majorité des établissements scolaires, elles étaient sur un pied d’égalité.

Si le phénomène reste assez marginal aujourd’hui, je pressens son explosion dès la fin de la priorité accordée aux écoles adossées qui « préserve » un certain nombre d’enfants des affres du décret jusqu’en 2014. Avec un corollaire qui risque de se répandre : le changement d’école en 5° ou en 6° année primaire. La déstabilisation des familles interviendra non plus lors du passage primaire / secondaire, mais au sein même de l’enseignement du fondement, là où l’enfant ne devrait pas avoir à s’inquiéter d’autres choses que d’apprendre ce qui lui sera essentiel dans sa vie d’adolescent puis d’adulte : lire, écrire, compter. D’hétérogènes aujourd’hui, les écoles primaires le seront donc de moins en moins. Et certaines écoles fondamentales risquent bien, à terme, de devoir fermer leurs portes.

Dualisation des familles, qui renforce de la dualisation des écoles. Qui influence qui ? Comment sortir de cette spirale infernale dans laquelle les politiques de ce gouvernement plongent l’école et les enfants ? C’était le défi de la législature. Nous sommes à mi chemin, et je suis de plus en plus persuadée que vous avez choisi le mauvais côté de la pente. Je suis donc très curieuse de vous entendre sur les mesures que vous comptez prendre pour renverser la vapeur."