Rationaliser le paysage urbain bruxellois

Depuis des années, l’aménagement de l’espace public bruxellois est au centre des inquiétudes des urbanistes. L’absence d’un projet de ville cohérent et centralisé a favorisé un développement cacophonique du paysage urbain de notre Ville-Région, au mépris de la vie sociale de ses quartiers mais également de sa beauté. 

Il suffit hélas de se déplacer dans les rues de la Région de Bruxelles-Capitale pour subir à tout moment l’encombrement désordonné d’un mobilier urbain et de signaux hétéroclites qui rendent la vision confuse et nuisent à une circulation aisée et confortable. 

Le manque d’esthétisme de l'espace public et la présence de barrières urbaines créent de véritables freins au développement harmonieux des quartiers de la Région et empêchent également de tisser des liens, qu’ils soient réels ou symboliques, entre les différentes communes de Bruxelles. 

Le choix des matériaux, la localisation du mobilier urbain et de l’éclairage public qui composent l’espace public façonnent le profil général d’une ville. Cette absence de référence de beauté, dans de nombreux quartiers, privent les citoyens du plaisir de flâner dans nos rues et espaces publics, dissuadent les clients de faire du lèche-vitrine dans certains quartiers commerçants et découragent nombreux touristes de s’aventurer en dehors des grands axes touristiques. 

L’espace public est, par définition, commun. Or la tendance actuelle à la segmentation de cet espace, permettant sa réappropriation par les usagers dits « faibles », entraine une démultiplication importante des signaux aux traverses. La communication en ville en devient toujours plus complexifiée par un manque de visibilité urbaine : les associations de piétons, cyclistes et automobilistes se plaignent d’ailleurs régulièrement des panneaux de signalisation et de direction, souvent placés de façon anarchique, tantôt pléthoriques, tantôt insuffisants. Ceux-ci ne renseignent pas assez correctement les lieux importants (culturels, espaces verts publics,...) et les directions. 

Les usagers ne connaissent pas les limites administratives communales et régionales qui conditionnent souvent le choix du style et de la localisation, notamment, du mobilier urbain et des signalisations de direction, ce qui nuit également à la clarté des informations et peut ainsi rendre les déplacements plus risqués. En effet, le mobilier urbain constitue parfois de redoutables obstacles mettant en péril la sécurité des piétons, cyclistes et automobilistes. 

Cette résolution invite donc le Gouvernement régional bruxellois à prendre toutes les initiatives nécessaires afin d’embellir et rationaliser le paysage urbain bruxellois en le cadastrant, nettoyant l’espace public de tout ce qu’il encombre et en contrôlant ce qui serait amené à y être apposé : le mobilier urbain, les panneaux de direction et signalisation et le mobilier d’éclairage public doivent être en harmonie avec l’espace public tout en valorisant la fonction du lieu et ses qualités. Le Gouvernement doit veiller à renforcer la lisibilité des espaces publics, configurés de manière à mettre en présence la diversité des interactions sociales tout en créant des liens entre les quartiers, en libérant l’espace de tout élément visuellement perturbateur. Le gouvernement devra également, après ces efforts, veiller à faire davantage respecter l’espace public et le mobilier urbain, régulièrement l’objet de vandalisme. 

Intégralité du texte de la Proposition de résolution