Un enseignement de qualité pour tous

En charge du programme MR pour l'enseignement

« Education is the most powerful weapon which you can use to change the world. » (N. Mandela) 

 L’amélioration de l’enseignement pour tous les élèves est une condition indispensable pour le redressement économique et social de Bruxelles et de la Wallonie. 

Aujourd’hui, l’élève francophone a, en moyenne, un an de retard sur l’élève flamand. C’est ce que nous apprennent notamment les enquêtes PISA de l’OCDE. Rattraper cette année de retard, c’est augmenter, chaque année, le PIB par habitant de 0,9%. Ca signifie donc une productivité renforcée, et un taux d’emploi plus élevé. Donc un niveau de bien-être plus élevé. 

Prolonger ses études d’une année augmente les chances de trouver un emploi : dans certaines provinces, une personne qui ne détient que son CEB a environ 30% de chances de décrocher un job. Ce pourcentage monte à 80/90% pour les détenteurs d’un master. Cette année d’étude supplémentaire augmente en outre le salaire de plus de 5% (moyenne pour la Belgique) . 

 Nous sommes tous témoins des changements profonds et incessants des économies et des sociétés, engendrés par l'évolution rapide de la technologie et par un accès sans précédent à l'information et à la création du savoir. Pour réussir dans le monde actuel, les jeunes doivent acquérir des compétences et des habiletés supérieures qui leur permettront de s'adapter à un milieu de travail et à un environnement social en perpétuelles évolutions. Mais l’enseignement ne peut se limiter à ce seul aspect et nous attendons aussi de lui qu’il transmette et fasse vivre un certain nombre de valeurs. 

Ainsi, l’école, c’est aussi le lieu où on apprend la vie en société : le respect des différences, les valeurs de respect, de travail, de liberté et de solidarité. C’est l’endroit où l’entrée en société se réalise. C’est le lieu où le respect de soi-même et le respect de l’autre peuvent prendre racine. Le goût de l’effort, la curiosité pour les autres et le respect d’autrui ne sont pas incompatibles ; c’est à l’école que ces notions se forgent. 

 « L'école-compassion, c'est l’école de la résignation à l'échec social. Vous l’aurez compris : nous lui préférons l'école-passion, qui enseigne la ferveur, l'ardeur au travail et qui ouvre à ceux qu'elle entraine les perspectives et les promesses de toutes les réussites. » (P. Hazette) 

 Cette école-là est le plus formidable moyen d’émancipation que l’homme a inventé. A condition de le vouloir. 

En effet, l’école, il ne suffit pas d’y aller pour réussir. Réussir sa scolarité, cela demande avant tout de la volonté. Du travail, des efforts aussi. Réussir sa scolarité, cela se mérite. L’école, c’est comme une dynamo : l’effort fourni par l’élève se transforme en un capital de connaissances et de compétences dont il aura besoin toute sa vie, mais sans moteur pour l’alimenter, pas de capital. 

 « A l’égalisation des têtes qui dépassent, nous préférons donc l’égalité des chances. La vraie. Celle qui ne se décrète pas à coups de slogans ou de règles arbitraires, mais se concentre sur la nécessité d’offrir à chaque enfant, quelles que soient son origine, son milieu, ses difficultés, tous les outils pour donner le meilleur de lui-même et s’épanouir. » (F. De Smet) 

 PISA et les différentes évaluations externes nous rappellent régulièrement le chemin encore à parcourir en la matière. 

Car relever le niveau de l’enseignement n’implique pas seulement d’augmenter le niveau de chaque élève, mais aussi de réduire les écarts entre les élèves les plus forts et les élèves les plus faibles. Nous l’affirmons : l’avenir d’un service public comme l’enseignement dépend de la manière dont il parviendra, en maintenant voire en augmentant ses exigences, à rétablir l’équité entre les élèves. C’est l’enjeu majeur. 

Après le pourquoi, il reste la question du comment. Nous sommes convaincus que la réponse ne passe ni par des quotas à l’inscription, ni par un réseau unique, ni par une explosion des coûts. Des comparaisons internationales permettent aujourd’hui d’identifier les niveaux d’interventions les plus pertinents pour chaque cycle d’amélioration de la performance. Pour l’enseignement francophone, ces niveaux concernent l’organisationnel et le financier (mode de gouvernance, place des différents acteurs, structuration de l’enseignement, autonomie/responsabilisation,…), le pédagogique (maitrise de la langue d’enseignement, précision des programmes, pertinence des supports pédagogiques et des évaluations,…), et les personnels de l’enseignement (qualité du corps enseignant et des directions d’écoles). 

 Ce sont là les trajectoires que nous fixons pour l’enseignement francophone et autour desquelles s’articulent nos propositions. 

 Depuis 2004, nous critiquons l’approche idéologique qui est celle des majorités successives dans la gestion de l’enseignement. L’école a suffisamment souffert de cette approche, et il est temps de la (re)construire sur des bases saines. L’approche choisie est donc résolument pragmatique. De même, au contraire de la déclaration de politique communautaire de 2009 qui ne s’est pas dotée d’un tableau de bord des résultats puisque rien n’était hiérarchisé, notre table des matières et nos trajectoires reflètent nos priorités pour chaque niveau d’enseignement, obligatoire ou non obligatoire. 

Nous voulons une école qui améliore véritablement les résultats en lecture, en écriture, en calcul et en sciences. Nous voulons un enseignement qui dote les jeunes de compétences modernes et d'aptitudes à la vie quotidienne essentielles pour réussir dans un monde qui change. Nous voulons offrir à nos jeunes des apprentissages qui stimulent leur créativité et qui les intéressent. Nous voulons un enseignement qui engage les jeunes sur la voie de l’émancipation et de la réussite, tout en leur transmettant les traditions et les valeurs dont nous sommes tous fiers.

Téléchargez ici le carnet "Enseignement: bâtir l'avenir" qui reprend mes propositions en matière d'enseignement.